Vous savez quoi ? Sur la quarantaine de chapitres de TNBS de prévus initialement, il m’aura fallu en écrire une bonne trentaine avant de me dire : « Tiens, et si je passais le tout à la première personne du singulier ? ».
Oui, TNBS avait été écrit initialement à la troisième personne, en narration omnisciente.
Plusieurs raisons à ce changement :
- J’avais l’impression de forcer ma vision, mon jugement, de devoir contextualiser les faits et gestes de tous les personnages, ce qui était lourd. Je voulais laisser le lecteur juger de l’état d’esprit du protagoniste, ici Félicie.
- Plus j’avançais dans l’histoire, plus le contenu devenait intime, introspectif. Décrire des émotions et des sensations en étant à la troisième personne me semblait un peu trop superficiel.
- Cela me permettait de jouer avec les difficultés de compréhension, d’expression. Rien de plus étrange qu’un monde où tout le monde s’exprime bien, entend bien, où il ne reste qu’une seule langue, comme on le voit souvent dans les histoires pour des raisons de simplicité.
- Cela me donnait l’occasion de cacher des choses, en jouant sur les (dés)intérêts du personnage qui biaisent sa perception du monde. Il y a un certain nombre de petits secrets, dans TNBS. Cela ressortira en d’autres occasions en cas de début de syndrome de la page blanche…
- J’ai pu expérimenter un passage à la deuxième personne. C’était un long passage où le narrateur n’est plus le protagoniste, mais le deutéragoniste. Pour préserver le point de vue, quoi de plus logique que de laisser ce deutéragoniste raconter ce qu’il a à dire à sa façon, comme s’il s’adressait à nous ?
- Et enfin, pour moi, la narration omnisciente, je trouve que c’est un peu de la triche. Elle permet de montrer des situations dans leur ensemble, et c’est plus facile ainsi d’émouvoir le lecteur. Je ne voulais pas d’un tel raccourci. Je voulais arriver à émouvoir le lecteur en reproduisant la réalité ennuyeuse des évènements, par le point de vue de mon personnage. Et comme la réalité n’est pas toujours amusante, c’était un défi supplémentaire de la rendre agréable à lire ; d’où le ton assez léger et parfois comique.
Une dernière note…
Ici, j’y ai rassemblé mes réflexions qui ont conduit à ce choix. Et de mon côté, les préférences des lecteurs n’ont pas fait partie de l’équation.
Cet article n’a donc pas vocation à vous faire changer d’avis si vous y accordez de l’importance. En effet, la forme à la première personne ne plait pas à tout le monde. C’est un retour que j’ai eu d’une personne bien plus assidue en lecture que moi.
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