Logiciels de saisie et d’édition

Lorsque j’écris un roman, le choix du logiciel dépend de la phase d’écriture.

J’ai trois phases d’écriture :

  1. L’écriture initiale.
  2. Les réécritures.
  3. L’édition.

Chacune de ces phases est caractérisée par un niveau de précision de mise en page qui lui est propre. Au début, la mise en page est une distraction. Au milieu, elle me permet de mieux visualiser les éventuels déséquilibres entre des passages. Et à la fin, elle est primordiale pour le plaisir des yeux des lecteurs.

L’écriture initiale

C’est une phase à laquelle on peut être confronté au syndrome de la page blanche. Cela me demande parfois de poser des bouts de dialogue, puis d’essayer de trouver le cheminement de pensée qui permet de leur donner du sens. C’est prospectif, avec des choses à prendre ou à laisser, à réordonner. J’ai besoin de flexibilité, de facilité d’usage.

Je fais donc cette écriture initiale avec… Google Keep. Oui, ce petit logiciel de pense-bête.

Exemple d’un passage de TNBS dans une note de Google Keep. Chaque ligne dispose d’une case à cocher.

Pourquoi Google Keep ?

  • Parce que mes chapitres sont généralement courts et tiennent dans un pense-bête, ou deux au pire.
  • Parce que c’est synchronisé avec divers appareils : je peux poser des idées dans n’importe quelle situation tant que j’ai un appareil à portée.
  • Parce qu’avec la fonction cases à cocher, on peut réordonner les lignes facilement ou barrer les répliques qui ne sont plus intéressants.
  • Parce que ça permet de se concentrer sur le contenu, et pas la forme.

Une fois que le chapitre est terminé, je transforme la note en note sans cases à cocher. Plus qu’à copier et coller dans le logiciel suivant.

Réécriture

La plupart du temps, un document Word / LibreOffice classique fera l’affaire. Il permet d’appliquer des styles, d’anticiper grossièrement la taille de chaque chapitre en comptant les pages — pour peu que les interlignes, la taille de police et les marges soient bien réglées — et de compter le nombre de caractères et mots.

J’ai pour ma part utilisé Google Docs. Je ne suis pas du genre à promouvoir les outils gratuits non open source, mais il réunit bon nombre de critères que j’attends d’un logiciel de ce genre, que je vais citer ici :

  • Disponibilité et synchonisation multi-plateformes : cela permet d’écrire, que l’on soit sur PC ou sur appareil mobile.
  • Exports PDF / Epub / HTML : pour pouvoir (re)lire le résultat dans des conditions qui permettent une meilleure concentration, afin de détecter des fautes qu’on ne verrait pas lors des sessions d’écriture.
  • Résilience : très important, quand on ne veut pas perdre tout son travail suite à une corruption du fichier. Après chaque session de travail, je conserve toujours une copie exportée. J’avais 137 copies rien que pour la dernière passe de réécriture.
  • Révisions : pas besoin d’un système très complexe, juste la faculté d’inspecter les dernières modifications en cas de besoin (au pire, j’ai des copies exportées que je peux consulter à nouveau).
  • Mise en page libre : cette problématique m’est assez particulière. Si vous avez lu mon livre TNBS en ligne, vous verrez certaines libertés que ne permettrait pas par exemple un document formaté avec Markdown : polices, tailles, blocs flottants de notes, alignements, marges, etc. Elle n’a pas besoin d’être parfaite, mais j’ai besoin qu’elle ait un minimum de ressemblance avec le résultat que je vise.

Voici une capture de mon document de rédaction de TNBS :

Document Google Docs, avec à gauche la navigation générée automatiquement vers les titres de chapitres, et au centre le corps du document, présenté en pages.

Dans cette capture, il y a trois styles typographiques, chacune décrivant un mode d’expression :

  • La narration classique : police sérif.
  • Les affichages que voit le personnage narrateur (Félicie dans notre cas.) : police non sérif, espacements autour des paragraphes.
  • Dialogues distants (comme des appels par téléphone) : police sérif, italique.

TNBS contient bien d’autres modes. Il est important de conserver une cohérence dans tout le document. Le système de styles de Google Docs est quelque peu déficient face à ce que peut faire Word par exemple. Mais le reste des fonctionnalités fait que c’est un incontournable lorsqu’on est en phase de réécriture.

Et de toute manière, le document édité sur Docs ne constitue, pour moi et en aucune manière, un document prêt pour publication.

L’édition

Les exports de Google Docs dépannent, mais ne sont pas d’un niveau suffisamment acceptable pour moi, pour une utilisation telle quelle dans les divers formats. On ne contrôle pas vraiment les conversions, tout est un peu magique.

Quand on lit l’export sur un Kindle, des éléments de mise en page cruciaux comme les italiques disparaissent, ce qui rend la lecture de mon roman impossible (l’italique y est très important). L’export en PDF est pas trop mal1, mais je ne compterais pas dessus pour le livre physique, à cause de besoins spécifiques à mon projet (intégration de médias, jeux sur les polices, entre autres). L’export en site web n’est pas du tout pratique, car cela crée un méga fichier avec tout dedans. Et accessoirement, je ne voulais pas dépendre d’un service géré par une multinationale qui ne nous veut pas que du bien.

Si la partie édition vous intéresse, j’ai consacré un article qui parle de la solution que j’ai retenue ici : https://blog.nemulumen.fr/2023/09/04/livre-physique-epub-plateformes-blog-pdf-et-le-html-alors/.

Conclusion

Voici pour ce petit tour d’horizon de mes logiciels d’écriture. Je n’utilise pas tant de choses que ça, finalement, non ?

On a vu que, selon l’étape d’avancement dans l’écriture, différents logiciels pouvaient être utilisés.

Veuillez toutefois noter qu’il s’agit de mon propre ensemble d’outils, pour mes propres besoins. Vous aurez probablement d’autres objectifs, d’autres exigences, qui vous feront préférer les outils que vous utilisez actuellement. Ainsi, si vous en avez d’intéressants à partager, n’hésitez pas à laisser un commentaire !

  1. J’avais dit dans une ancienne version de cet article que l’export PDF était approximatif. Mais un test récent montre que, visuellement, le résultat est acceptable. Après, je n’ai aucune idée si j’aurai la même opinion après avoir intégré des médias, des inserts, et autres éléments complexes, comme ceux qui sont déjà présents dans la version web. ↩︎
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Commentaires

Une réponse à « Logiciels de saisie et d’édition »

  1. […] Keep : J’en ai déjà parlé dans mon article sur les logiciels de saisie. Ici, il peut faire office de support de consolidation temporaire, ce qui laisse le temps de […]

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