Voir le monde en modules

Dans le cadre de votre écriture, vous est-il déjà arrivé d’éprouver une difficulté à formaliser intellectuellement une idée ? À en définir les contours ? Les tenants et les aboutissants ? Voici donc pour vous un essai pour y remédier.

Partons d’une observation…

Chaque chose en ce monde, qu’elle ait une existence physique ou non, peut être idéalisée par la combinaison de deux composantes : une identité, et ses interactions avec d’autres choses.

Prenons par exemple une épée :

  • Identité : Une épée est un objet formée d’un assemblage d’une lame en métal aiguisée et d’une poignée en bois. Il possède une existence physique, une masse, un volume. La lame est faite d’un métal verdâtre.
  • Interactions : Une épée peut transpercer et trancher un autre objet si cet autre objet a une résistance moindre que l’ensemble du couteau.

Un exemple logique et inintéressant, me direz-vous.

Prenons un autre exemple : un personnage de roman.

  • Identité : Ce personnage a tel nom, a telle taille, telle apparence, tel mode de vie. Il est chevalier, et est habile avec une épée. Après un certain évènement, on le connait sous le nom de « Vengeur à la lame verdâtre ».
  • Interactions : Ce personnage n’aime pas un·e tel·le, se comporte différemment avec cet autre personnage, réagit de telle façon quand on lui fait telle chose.

Allons plus loin dans l’abstraction : un élément clé d’une histoire tragique.

  • Identité : Cet élément clé de l’histoire concerne X et Y. Il s’est passé ceci et cela. À la fin, Y est mort.
  • Interactions : Cet élément clé de l’histoire a déclenché cet autre élément d’histoire : la transformation du chevalier en meurtrier vengeur.

Ce que je viens donc d’exposer, c’est trois choses différentes décrites avec une structure unifiée à deux paramètres.

Cette structure unifiée, je l’appelle « module ».

Formalisons le concept !

Un module est un concept qui peut s’appliquer sur toute chose, qu’elle soit physique ou abstraite. Il possède deux composantes : une identité, et une frontière (je préfère ce mot à « interactions » mais libre à vous de choisir votre préféré).

L’identité représente la substance de l’objet représenté.

La frontière représente le rapport de l’objet avec le monde qui l’entoure.

La force d’un module, c’est qu’on peut appliquer autant de modules que nécessaire à une même chose. À l’instar de la lumière qui peut être définie en tant qu’onde et particule, une chose peut donc être définie de diverses manières, par différents modules, qui possèdent leur propre identité et leur propre frontière, et ainsi, leur propre champ d’application.

Ainsi, vous pourrez donc organiser votre travail de documentation, surtout lorsqu’elle s’avère complexe. Ne vous limitez pas forcément à une seule fiche pour décrire une chose ; créez des fiches différentes pour parler de la même chose, mais sur des sujets différents.

Un exemple connexe qui vous parlera : une autobiographie et une biographie d’une même personne raconteront surement des choses différentes, et pourtant, l’objet de ces œuvres est le même !

Et bien sûr, si vous avez déjà une méthode qui fonctionne, ne la changez pas ; ce que je propose est surtout une façon de voir les choses, qui peut amener à une organisation qui sera à votre convenance.

Notes de fin

J’espère que cet article vous aura plu, ou au minimum, diverti. Les essais dans des domaines un peu abstraits liés à la cognitivité ne sont pas ma spécialité…


Par ailleurs, vous savez ce que je trouve amusant ? C’est que je viens de décrire récursivement le concept de module… par une identité (qu’est-ce qu’un module) et une frontière (comment vous pouvez le manipuler). Vous voyez ? C’est très flexible !

NemuLumeN
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